Le resveratrol est un polyphénol que l’on retrouve
principalement dans le raisin et les cacahuètes mais aussi dans de nombreux
fruits rouges ou baies.
Vous me direz le resveratrol on commence à connaitre et ça a
fait les choux gras de certaines marques de cosmétiques qui s’évertuent de nous vanter continuellement des bienfaits
du raisin. Mais le reveratrol finalement est ce qu’on connait réellement ses
effets chez l’homme ?
Le resveratrol a commencé à avoir un intérêt certain dans le
milieu scientifique lorsque l'équipe de Sinclair mit en évidence le premier, l’activation
de la protéine sir2 (homolgue de SIRT1) par le resveratrol ( Nature. 2003 Sep 11;425(6954):191-6. Epub 2003 Aug 24)
SIRT1 joue un rôle dans le remodelage de l’ADN et dans l’activation/inhibition
de protéines impliquées dans le métabolisme énergétique ou la division
cellulaire. La sur expression de SIRT1 ou ses équivalents chez les insectes, les
levures, les verres ou les primates, prolongerait la vie de ces animaux de
façon significative. Tous les fantasmes étaient donc permis, et certains
clamaient haut et fort que le resveratrol était la molécule de jeunesse par
excellence.
Le reveratrol connait également un engouement certain dans l’agroalimentaire
et la pharmacie du fait de sont action sur SIRT1 qui jouerait un rôle dans le
métabolisme des glucides et des lipides. L’activation de SIRT1 chez des animaux
diabétiques ou même des patients, améliore la sensibilité à l’insuline et
favorise un meilleur contrôle du diabète. De nombreuses études chez l’animal
ont démontré qu’une activation « pharmacologique » de SIRT1
protégeait les animaux contre le développement de stéatose hépatiques (foie
gras) suite à un régime riche en lipides. Mais quid du resveratrol ? Une étude récente semble
démontré que le resveratrol ne serait peut être pas si bon que ça pour les
diabétiques, et qu’il serait question de doses. Ce n’est pas parceque c’est une
molécule « naturelle » qu’elle ne doit pas suivre le principe de »
dose efficace -dose toxique » d’un
médicament.
L’étude réalisée par une équipe finlandaise porte sur des
explants de muscles prélevés chez des patients diabétiques
non-insulino-dépendants (Type2). Les scientifiques ont évalué les effets du
reveratrol sur la capacité de transport du glucose dans les cellules
musculaires en présence ou non d’acide gras. Les acides gras ont pour effet de
diminuer le signal du récepteur de l’insuline, rendant l’insuline moins
efficace (insulino-resistance). Étonnamment, l’étude montre que le reveratrol n’améliore pas
le transport de glucose dans les cellules musculaires cultivées en présence d’acides
gras et que le reveratrol n’empêche pas les acides gras d’atténuer l’action de
l’insuline « insulino-resistance).
Dans cette étude, les concentrations de resveratrol
utilisées sont élevées (100 à 200 micromol/l) et les effets observés sont à
court terme ce qui fait dire aux auteurs que le resveratrol pourrait avoir des
effets opposés sur le transport de glucose en « traitement » aiguë ou
à long terme. Je regrette par contre l’absence d’information sur les
valeurs de resveratrol circulant après une prise orale de reveratrol ou après
une bonne « cure « de raisin (ou de beurre de cacahuètes ?). En
effet il serait intéressant de savoir si les concentrations utilisées dans l’étude
sont compatibles avec la physiologie.
Cette étude a le mérite
d’exister car elle pose la question de l’intérêt d’études chez l’animal puisque
les résultats décrits ici chez l’homme sont différents de ceux observés chez la
souris ou le rat. Autre aspect non négligeable, le bien fondé d’utiliser le
resveratrol dans le cas de diabète ou syndrome métabolique ? Est ce
vraiment efficace, quel est la biodisponibilité du reveratrol ? Traitement aiguë ou à long terme ?
La fin d’un mythe qui laissait penser que le resveratrol
était la nouvelle molécule de jeunesse ? Laissons les scientifiques en
débattre.
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