Jusqu’à présent la cosmétique ne se contentait que de
proposer des produits aux nombreuses vertus revendiquées mais qui très souvent
ne s’apparentaient qu’à un « masque » chimique ou biologique ne
servant qu’à camoufler les affres du temps. L’avancée des biotechnologies et la frontière avec la
pharmacie étant devenues de plus en plus « poreuse », les cosmétiques
proposent des actifs capables d’agir au plus profond de notre épiderme. Les peptides sont des fragments de protéines, constituées enchaînement
d’acides aminés. Les peptides peuvent avoir différentes tailles et les premiers
à être utilisés possédaient des propriétés antimicrobiennes, ce qui ne nécessite
pas de traverser les couches supérieures de l’épiderme. Les protéines, lorsqu’elles possèdent une activité
enzymatique, sont sensibles à de nombreux signaux cellulaires et
extracellulaires. Les peptides permettent de « mimer » ces signaux.
Ainsi, un peptide de collagène, lorsqu’il est en forte concentration dans la
peau, peut « faire croire » à la cellule, que ce fragment est le
signal de dégradation du collagène et donc signaler à la cellule qu’il faut en synthétiser
plus. Sur le papier c’est comme cela que ça marche mais en
pratique, les peptides sont difficiles à faire entrer dans la peau. Une équipe américaine à récemment décrit une stratégie
originale et innovante qui consiste à utiliser un peptide « pénétrant »
pour faire entrer d’autres molécules. En testant une « batterie » de peptides sur des
cellules de peau, les scientifiques ont réussi à identifier une séquence de 11
acides aminés, capable de traverser la peau jusqu’au derme mais aussi de
permettre d’accompagner d’autres molécules. c) peptide pénétrant(vert) visualisé dans un épiderme (les noyaux de cellules colorés en bleu) d) peptide contrôle, non pénétrant (vert) visualisé sur la couche cornée, extérieure L’utilisation de cette technologie permettrait alors de
faire pénétrer des médicaments, afin d’obtenir un meilleur ciblage du
traitement tout en limitant l’ajout de produits chimiques irritants mais nécessaires
à la perméabilisassions cutanée. Cette équipe a démontrée qu’il était possible de faire
entrer des ARN à interférence dans le derme, à l’aide de cette technologie. Les
ARN à interférence, bloquent de manière ciblée l’expression d’un gène donc la
synthèse de la protéine d’intérêt. Ils ont ainsi pu inhiber de 50% la synthèse
d’une enzyme dans des kératinocytes humains en utilisant cette technologie. Les ARN à interférence sont rapidement dégradés, tout comme
les peptides, ce qui laisse imaginer une bonne tolérance de la cellule pour ce type de
stratégie. Alors soyez prêtent à avoir un peu plus de biotechnologie de
vos cosmétiques, avec des actions ciblées, rapides et efficaces… référence: Hsu T, Mitragotri S. Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 Sep 20;108(38):15816-21. Epub 2011 Sep 8
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