Notre vie est une grosse horloge, rythmée par les cycles
jours/nuits mais pas seulement. Nous sommes sensibles aux alternances jours
nuits du fait de la lumière solaire. Le soleil excitant les cellules de la rétine, active alors
les noyaux suprachiasmatiques du cerveau, produisant ainsi divers
neuromédiateurs comme la mélatonine. Ce rythme biologique est facile à mettre
en évidence lors du fameux « jetlag » ou décalage horaire, où chez
des personnes travaillant la nuit. Des dérèglements hormonaux s’en suivent pouvant conduire à
une augmentation des risques de développer des maladies comme le diabète de
type 2 par exemple. Mais notre vie est également rythmée par une horloge sociétale
(horaires de travail) et une horloge cellulaire. Les cellules possèdent une « batterie »
de gènes codant pour des protéines aux noms évocateurs, clock, period 1 et 2,
timeless, frequency etc.. Ces gènes sont exprimés de manière synchrone au sein
d’une population cellulaire et est sensible à des facteurs externes comme la
lumière, ou la température. Ainsi les tissus composant notre corps ne sont pas
rythmés de la même manière et chacun possède sont propre cycle. Les kératinocytes,
cellules de la peau, expriment les gènes clock et period 1. Une étude en
laboratoire démontra que le gène clock exprimé dans les kératinocytes était
sensible aux rayons UV. European
Journal of Human Genetics (2005) 13, 1101–1103. doi:10.1038/sj.ejhg.5201483; published
online 10 August 2005 Tout va bien lorsque nos trois horloges (solaire/sociétale/biologique)
sont en harmonies mais lorsqu’une d’entre elles est déréglée certains problèmes
peuvent arriver. Notre peau est très
sensible à ces variations externes puisqu’exposée aux variations des cycles
jours/nuits et de température. Ainsi des paramètres de la peau comme la température, le flux sanguin, la teneur en eau, la composition chimique, le pH varient tout au long du cycle de
24h. Par exemple la nuit le flux sanguin augmente au niveau de la
peau permettant de meilleurs échanges cellulaires et un meilleur apport en
oxygène et nutriments. La température ainsi que les pertes d’eau (TEWL :
trans epidermal water loss) augmentent la nuit également. Journal of Investigative Dermatology (2001) 117, 718–724 En été la peau est plus hydratée qu’en hiver. Les réponses
immunitaires et inflammatoires varient également selon les saisons. Ceci a des
conséquences sur la sensibilité de la peau à certains produits chimiques comme
par exemple le Sodium-lauryl-Sulfate(SLF). La peau est plus sensible au SLF en
hiver, pouvant entraîner rougeurs et démangeaisons. Malheureusement le SLF est
utilisé dans la majorité des shampoings, savons, gels douches et autres
cosmétiques (regardez bien c’est souvent l’un des premiers sur la liste). En hiver la peau semble plus terne en raison des
modifications dans sa composition en lipide, cholestérol et vitamines (la
vitamine D est synthétisée par la peau exposée au soleil). La nuit la peau est plus « réceptive » aux
molécules externes. Du fait de l’augmentation du flux sanguin, d’un changement
de pH et d’une augmentation des
transports d’eau, les molécules appliquées la nuit seront plus
facilement « absorbées » et atteindrons plus facilement leur cible. Il serait alors préférable d’appliquer un gommage, lorsque
les pertes d’eau sont les plus faibles, c'est-à-dire le jour et d’appliquer des
molécules activent (anti-âge, antiride, crème amincissante etc..) lorsque les
pertes d’eau sont les plus fortes, c'est-à-dire la nuit. |





